L’INFINI
de Giacomo Leopardi(2019)
1 min lectură
Mediu
J’ai toujours aimé cette colline à l’écart
Et cette haie qui de tous côtés
Cache la vue de l’horizon lointain.
Mais m’assoyant et méditant, je m’invente
Par la pensée d’interminables espaces
Au-delà, et de surhumains silences,
Et une très profonde paix ; où pour un peu
Mon coeur s’effraierait. Et comme j’entends
Frémir le vent dans ce feuillage,
Je me mets à comparer à sa voix
Ce silence infini ; et je me rappelle
L’éternité, et les saisons mortes, et celle-ci,
Présente, et vive, et bruissante. Ainsi
Dans cette immensité sombre ma pensée
Et m’abîmer m’est doux dans cette mer.
(Giacomo Leopardi, Canti)
