À soi-même
de Giacomo Leopardi(2019)
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Or à jamais tu te reposeras,
Ô mon cœur las. L’illusion suprême est morte,
Que je crus éternelle. Des rêves les plus chers,
Non tant l’espoir que le désir est éteint.
Repose-toi toujours. Tu as assez
Vibré. Tes mouvements sont vains :
La terre n’est pas digne
De soupirs. La vie n’est qu’amertume
Et que mélancolie. Non, rien d’autre jamais,
Le monde n’est que fange.
Bouche close désormais. C’est là ton dernier
Désespoir. À notre espèce le Destin
N’a donné que la mort. Méprise désormais
Toi-même, et la Nature, et le méchant pouvoir
Qui commande en secret notre commun malheur,
Et de tout l’infinie vanité.
(Giacomo Leopardi, Canti)
