Le premier paysage
de Gatien Lapointe(2014)
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Mediu
à Madeleine Gobeil
Nous irons jusqu’au soir qui termine ton corps
Notre lit en pente au pied de l’étoile
Tu parfumes d’un mot le faisceau d’herbes
Oreiller de terre du premier paysage
Nul passé existe
La fatigue t’apprend l’oracle nécessaire
Mort imprévisible
J’accomplis d’un feu l’enfance de l’homme
Nous irons jusqu’au soir où finit ta mémoire
Un prodige soutient la phrase de ton cœur
Chaque hirondelle ordonnant son emploi
L’innocence à contre-jour de nos mains
Nul regret n’existe
Ton épaule fleurit les corbeilles du vent
Rose miroitante
La force du présage incline tes genoux
Je vogue en plein temps ta beauté commence
Tu as rendu ma faiblesse à ma taille
Je sais reconnaître ma solitude
Les plaines du repos dans nos bouches défaites
Le soleil viendra naître sur nos corps.
(Gatien Lapointe, Lumière du monde, 1959, in Le temps premier, Paris, Jean Grassin Éditeur, 1962, pp. 40-41)
