Impérissables lotus
de Gatien Lapointe(2014)
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Les pieds lourds de mémoire
Tu rôdes dans les ravins feutrés de mon inquiétude
Pavots blottis contre la fierté matinale des forêts
Les bateaux du soir
Ont brouillé le feu limpide des grèves
Les grands bateaux du soir ont chaviré
Les songes nus de l’amour
Entends-tu courir sur les fleurs dormantes de l’automne
Ce rire des oiseaux malheureux ?
Qu’un chant intérieur déchire ces cloisons
Étouffant le ciel !
Nos tourmentes, les triomphes obstinés de la mer
La nuit renouvelée couvre nos corps
De linges soyeux, réconfortants
Les ruines de solitude ont enraciné les déserts marins
D’impérissables lotus
Je sens tes mains douces bouger à l’intérieur de moi
Comme une neige égale, et sans hâte
(Gatien Lapointe, Otages de la joie, Montréal, Éditions de Muy, 1955, p. 15)
