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Le portrait de Mélissinde

de Edmond Rostand(2010)

2 min lectură

Mediu
Eh bien ! bons mariniers, je veux
Vous le raconter encore une ;
Du soleil rit dans ses cheveux,
Dans ses yeux rêve de la lune ;
Un je ne sais quoi de secret
Rend sa grâce unique et bien sienne ;
Grâce de Sainte qui serait
En même temps Magicienne !
Ses airs sont doux et persifleurs,
Et son charme a mille ressources ;
Ses attitudes sont de fleurs ;
Ses intonations, de sources.
Quand brillent ses traits délicats
Entre les chutes de ses tresses,
Tous les Amants sont renégats,
Plaintives toutes les Maîtresses ;
Quand elle se coiffe, au bruit clair
De l’onde où sa terrasse baigne,
Ses cheveux sont si longs que l’air
Les met hors d’atteinte du peigne ;
Quand sa main, du bord d’un bateau,
Se laisse pendre dans les vagues,
Elle a des doigts si fins que l’eau
Lui retire, en passant, ses bagues !
Ses pieds sont tellement étroits,
Sous l’hermine où luit l’émeraude,
Que l’on pourrait en mettre trois
Dans le soulier de la Belle Aude !
Telle, en son bizarre joli
De Française un peu Moabite,
Mélissinde de Tripoli
Dans un grand palais clair habite !
Telle nous la verrons bientôt,
Si n’ont menti les témoignages
Des pèlerins dont le manteau
Est bruissant de coquillages !
(Edmond Rostand, La Princesse lointaine, 1895)

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Poezie
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Edmond Rostand. “Le portrait de Mélissinde.” Clasici, Poezie.ro, https://poezie.ro/clasici/edmond-rostand/poezie/le-portrait-de-melissinde

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