Les mains
de Anne Hébert(2008)
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Mediu
Elle est assise au bord des saisons
Et fait miroiter ses mains comme des rayons.
Elle est étrange
Et regarde ses mains que colorent les jours.
Les jours sur ses mains
L’occupent et la captivent.
Elle ne les referme jamais.
Et les tend toujours.
Les signes du monde
Sont gravés à même ses doigts.
Tant de chiffres profonds
L’accablent de bagues massives et travaillées.
D’elle pour nous
Nul d’accueil et d’amour
Sans cette offrande impitoyable
Des mains de douleurs parées
Ouvertes au soleil.
(Anne Hébert, Le tombeau des rois, 1953)
