Tu me disais
de La Résistance et ses poètes (1974)
de André Verdet(2010)
2 min lectură
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Tu me disais: Ma femme est belle comme l’aube
Qui monte sur la mer du côté de Capri
Tu me disais: Ma femme est douce comme l’eau
Qui poudre aux yeux mi-clos de la biche dormante
Tu me disais: Ma femme est fraîche comme l’herbe
Qu’on mâche sous l’étoile au premier rendez-vous
Tu me disais: Ma femme est simple comme celle
Qui perdant sa pantoufle y gagna son bonheur
Tu me disais: Ma femme est bonne comme l’aile
Que Musset glorifia dans sa nuit du printemps
Tu me disais aussi: Ma femme est plus étrange
Que la vierge qui fuit derrière sa blancheur
Et ne livre à l’époux qu’un fantôme adorable
Tu me disais encore: Je voudrais lui écrire
Qu’il n’est pas une aurore où je n’ai salué
Son image tremblant dans le creux de mes mains
Tu me disais encore: Je voudrais la chanter
Avec des mots volés dans le cœur des poètes
Qui sont morts en taisant la merveille entendue
Tu me disais enfin: Je voudrais revenir
Près d’elle à l’improviste une nuit où le songe
Peut-être insinuerait que je ne serais plus
Tu es mort camarade
Atrocement dans les supplices
Ta bouche souriant au fabuleux amour
Buchenwald, 15 mai 1944-17 mai 1945.
Despre aceasta lucrare
- Autor
- André Verdet
- Tip
- Poezie
- An
- 2010
- Cuvinte
- 205
- Citire
- 2 min
- Versuri
- 26
- Actualizat
Cum sa citezi
André Verdet. “Tu me disais.” Clasici, Poezie.ro, https://poezie.ro/clasici/andre-verdet/poezie/tu-me-disaisIntrebari frecvente
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