Percé
de Alice Lemieux-Lévesque(2017)
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Mediu
Le golfe éblouissant nous berce et nous emporte
Vers le roc de Percé qui nous ouvre une porte
Sur les vivants saphirs de la mer et des cieux.
Le flot double le jour à force d’être bleu.
À chaque instant nouveau naît l’extase nouvelle
D’une fleur de clarté sur un battement d’aile !
Il neige de la joie ! Il neige des oiseaux
Qui festonnent leur vol aux dentelles des flots…
Et nous contournons l’île Bonaventure,
Qui garde en son rocher, et cache en sa verdure,
La pâle floraison des calmes goélands,
Dont la plainte rêveuse est douce comme un chant…
Mais lorsque nous troublons l’abord de leur demeure,
Comme des nénuphars qui fleuriraient une heure,
Ils viennent, lentement, se poser sur la mer.
Et nous serons bercés par la vague, à travers
Tant de beauté, tant d’harmonie et tant de rêve,
Que nous ne voudrons plus retourner vers la grève…
(Alice-Lemieux-Lévesque, Poèmes, Montréal, Librairie d’Action canadienne-française, 1929, p. 108)
