Enfant de la noire Guinée…, (extrait in La tragédie du roi Christophe)
de Aime Fernand Cesaire(2019)
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Enfant de la noire Guinée
D’un ciel brûlant lointaine fleur,
Ourika, fille infortunée,
Déplorait ainsi son malheur.
France, toi qui m’avais charmée
Toi que saluaient mes transports
Tu me cachais que sur tes bords,
Je ne serais jamais aimée.
Blanche couleur, couleur des anges,
Mon âme était digne de toi,
Ô Dieu puissant, que de louanges,
Si tu l’avais faite pour moi !
Mais pour l’oubli tu m’as formée !
D’Ourika termine le sort :
C’est un si grand bien que la mort
Pour qui ne peut pas être aimé.
(Aimé Césaire, La tragédie du roi Christophe, 1970)
