Toi.
Mot court.
Simple.
Banal.
— Qui es-tu ?
— Je… je suis seulement toi.
Tu n’as pas de formes.
Pas de nom.
Aucune obligation.
Tu es seulement toi.
Assis dans un fauteuil roulant.
Ou
Une brume blanche glisse sur la scène.
Les silhouettes bougent lentement, comme dans un rêve sans pupilles.
Une voix, calme :
— Nous ne voyons plus.
Le brouillard s’est abattu sur la
Il brûle, à la porte de l’enfer, le fait d’être né.
Des enfants cancéreux se cachent dans des tours de béton.
Tes paumes, cousues de plomb, se lavent de leurs péchés.
C’est pourquoi il m’est
Il y a du silence dans la Chambre Sans Couleur.
Ou peut-être pas du silence — peut-être l’attente.
Une attente longue, grise, qui ne finit jamais, qui efface tout :
les visages, les rêves, les
Quand tu frappes à la fenêtre, personne ne répond.
À la porte, tu t’attends à être accueilli — avec des applaudissements, peut-être, ou simplement un sourire.
Mais il n’y a rien.
Rien n’est plus
Il y a du silence dans la Rue Sans Nom.
Ou peut-être pas de silence — peut-être la pluie.
Une pluie étrange, qui n’humidifie pas, mais qui efface : les couleurs, les voix, les visages.
Tout semble
Le temps sur le temps dans le temps passé du futur
au-delà, en deçà, ici, là-bas, où rien n’est seconde
dans la seconde que tu n’atteindras
jamais de nouveau,
dans la minute que nul ne
Regardant vers hier
tu oublies qu’aujourd’hui est demain
caché dans chaque son
tu oublies que tu es le même
regard au-delà
de nous
d’eux et de moi
je suis le même, jeté
entre
Murmure aujourd’hui au mot que tu ne peux aimer
que les sons sourds
que tu n’entends pas mais que tu sens s’éteindre
dans chaque particule de la chimie des mains.
tu ne comprends pas encore ce
Écris-moi sur le synonyme blanc de l’amour au milieu de la nuit
figé par un hiver sans retour
comme si un étranger maladroit enfonçait
des clous de glace dans tes paumes gelées
et tu restes sans
Tu aimes chaque voyelle du son musical de la nuit
car la nuit retourne l’amour
sous toutes ses faces cachées, inconnues
et tu regardes les sens tourner au bord du mot,
tant de joies, tant de
je ne souris pas
je ne ris ni ne pleure
je ne regarde rien
nous sommes le vingt-huit novembre
je m'assieds sur une chaise en polystyrène
les doigts jouant distraitement avec des perles de
découpe au cœur de la joie intérieure
ce qui repose dans le nombre pair —
et transmets à ton double
des sens multiples, des lignes d’échos,
des silhouettes de cire, stylisées,
des récits réels
le matin apporte l’heure blanche,
insuffisante, obscure — encore et encore
allégorique, elle cherche hier
dans le mot cœur,
et lui souffle que le dîner est prêt —
ou bien simulé
murmure-lui
coupe avec les ciseaux d’argent les contours
du mot cœur, et souffle-lui doucement
d’autres mots — obscurs, intraduisibles —
toujours perdus entre les mêmes mots aveugles.
découpe sans fin ce
Je regarde ces beaux morts
aux lèves vertes
ou violet
ou marron
Je souris je souris
qu`une autre heure
est écoulée
La neige recouvre les traces
des derniers lapins
tués hier en
Le tout est le cœur de chacun
le tout est le toi en chacun de nous
et nous... nous devenons
parfois en retard
jamais en avance
le moment le plus rapide...
de la miséricorde...
Le vent soufflait sur le quai de la gare
Nous ne sommes que nous deux
Nous nous regardons l`un l`autre sans dire un mot
Tes mains maigres comme deux traces de l`eau
Touchent inconsciemment
Le
Je ne souriais plus
Je ne riais plus
Je ne pleurais plus
Je ne regardais plus
Il était le vingt-huit novembre
Je m`assoyais sur une chaise en polystyrène
Je jouais aux perles en verre
Je