Même s’il n’écrivait pas Santiago inviterait au voyage. Il y a des poètes dont le seul prénom porte en lui les violences de la Tierra del fuego et le nom les mouvements d’air infiniment embrasé
La poésie est une porte vers d’autres univers en soi, souvent insoupçonnés. Seul cet instant est sans partage, comme si pour le découvrir, il fallait refermer le monde, le serrer au plus
Demain il y aura demain encore peut-être la suite d’hier qui n’est plus (a t’il jamais été) averse de mimosas léger frisson de l’arbre où de la peau sur la peau cette forme du voyage et de
La nuit va se faner tout au fond du jardin
où se posent les roses lorsque septembre vient
se mêler de parler les langues de l’hiver
étoffes éparses glissant sur la rosée
emprise du givre
La nuit éloigne de la lumière le frisson, la craie d’une clarté, la fracture de l’éclair. L’espace à la fenêtre, déchiré, emprisonne les feuilles. L’automne est ce soir un pays par les glaces
Eternellement paysage, tours entre les arbres, d’hivers entourés, cernés de printemps, enserrés par l’automne… passent les saisons qui ne savent les gris qui les habitent, le soleil qui fond,
Navires sur les docks, déjà très loin en soi, déplaçant l’être dans le lieu et la métamorphose figée dans l’immobile. Une nuit commencée depuis le premier jour.
Patience aux lisières, les
La nuit en soi s’insinue ce n’est pas la nuit c’est la nuit en soi parfois vertige parfois complaisance l’être qui est mal dit : l’autre c’est la nuit les monstres qui saignent les soleils et
Vous n’embarquerez pas sur le bateau de Staël la métamorphose épurée jusqu’à la proche disparition n’emporte que l’unique passager qui s’y est inscrit pour
Reprendre le chantier de ce texte bouillonnant lorsque vous fûtes enfouis dans le décalogue les démences précoces et les travaux forcés l’ouvrir de nulle porte
(avec un peu d\'avance ou de retard, c\'est selon...)
Venu d’extrême Thématique, engrenages et poulies, ressorts, articulations, soupapes et moyeux, jusqu’à l’air des bulles atrophiées
Ce que je montre là-bas
c’est l’horizon
aux allures de naufrage,
comme si demain était passé
sans laisser d’autre trace
qu’une liasse de fumée
serrée dans l’incendie
qui n’a jamais
(Ecoute, tu n’es pas venu pour rien, tu reviens de loin,
le soir défaisant sur tes vitres ses orages d’automne.)
Traversée
Je m’arrêtais, écoutant le bruit que fait la nuit
Phénomène ? Ce qui s’extrayait du sens pour dévider de la simple abstraction, se transmuant en incompréhension minutieuse, tactile presque. Au mur cette photographie de la maison, comme si
Il faut être vagabond ne serait-ce que le temps de l’illusion d’un départ sur un quai entre les caisses de bois portant des noms étranges d’Hélios, de Macassar et des langues qui tour à tour
Nous sortirons de ce bois tout au fond derrière l’arbre écorché et dans l’autre saison sous le plâtre du papier peint avec ses oiseaux aux ailes bleues délavées, vol suspendu depuis les
Je ne savais pas quoi penser de Saint-John Perse sinon qu’il se trouve dans le catalogue de Gallimard, une sorte de garantie *PPPF et également sujet d’imprécations : « Je n’écris pas comme De
Avec Artaud on s’éloigne, non pas que l’on prenne de la distance mais si l’on veut respirer il faut se tenir hors d’atteinte des remous sur une lisière qui ne permet que de regarder sans
Henri Michaux n’ouvre pas des portes, il fracasse avec sa hache de turpitudes l’escalier qu’il dérobe à notre vue. Puis il enfouit la maison à grandes pelletées ahanantes de répétitions sous la
Un instant, dans ce que nulle brèche, pour atteindre, ne présume, lorsque se penche le regard, sur une herbe trop dure, d’avoir poussé très lente, dans un refus, ses langues saxifrages avant
Je regarde déjà, au-delà de la colline, apportée par l’odeur des menthes et des sauges, l’esquisse des maisons venteuses, des fenêtres d’aromates ou dorment entre les draps, la fragrance
Un instant, juste avant l\'orage immobile, La friction des silex mêlée aux étincelles de la pluie, les femmes à la rivière mouillée de saules et de rosée, dénouent les laines de la nuit sous
Dans la maison, le feu agrège l’alcool fascinant de la flamme, l’essence du voyage, les navires déracinés des forêts, leurs peaux luisantes de tambours et d’écume, les cercles pétrifiés des