J’offre, à ton cœur,
À tes yeux, à ton corps,
Ce bouquet de roses,
Qui de rose n’a que le nom,
Puisque noir de notre amour défunt
Il porte le deuil,
 ce soir, comment
Le poème
Est un fruit mur,
La passion du poète
Son âme et son arme
Sa pomme, sa grenade
Il est nu ce vers bien à soi
Rouge ou blanc dans son écrin
Ciselé avec soin au petit
Je suis la poésie
La pierre et le serpent
Je suis l’arbre et la feuille
Sa chenille et le corbeau
Je suis la rivière son lit et ses rives
Je suis la terre et ses labours
Du fossé de ses
Il n’est pas fidèle,
Trompe son monde.
On croit le tenir,
Il fuit. Il surgit
Sous la lampe,
Et surprend
Comme une ombre.
Il intrigue,
Blanc on le préfère,
Noir on le dit sournois
Seigneur, vous me voyez par les rues
Dégoulinant de pluie, de sueur
C’est selon votre humeur.
Assis, debout, à genoux
Aux portes de votre église
A raz des égouts
C’est selon votre
Les chemins de fer
Tout roule tout passe
Mon amour ma peine
Pour celle qui passe
Les chemins de terre
Au bord des fossés
une femme renversée
L’amour jusqu’à la nausée
Les champs jaunis
De terre ou de pierre
Un peu de mer
Cela ne suffit
Alors
De la mousse
D’écume ou de lierre
Une touche de ciel
Aimer suffit
A mon bonheur.
Amour
Un choc d’amour
Un ange au glas
Dans les poubelles du soir
Il ya …une main
La main tatouée
D’un pauvre .S D F
Une main déposée
Par celui la même
Qui l’eut mise
Un soir de détresse
En proie au désespoir
De ne plus
On ne parle que de soi
On déteste l’autre
On l’oublie cet autre
Qui est le propre du moi
Il nous répugne
Il nous ressemble
Sa vie sa mort
C’est nous
Le dégout de l’autre
Au
Ici se fixe pour un temps
Le temps qu'il faille
Pour ne pas défaillir
À la seule pensée
Qu’il puisse aimer
Un autre ou lui-même
Qu’il aime est un problème
Aux yeux de
Ta voix dans le noir
N’est plus qu’une feuille
Couleur pâle du temps qui passe
Ta voix dans le noir n’est plus
Que l’ancien cadastre dressé
Par les êtres amoureux dans l’heureux
Instant
Il aurait cent ans le poète
S’il avait vécu jusque là
Il est mort bien avant
Lâché par le cœur
Et les hommes aussi
Belle âme brûlée
D’avoir trop aimé
Les hommes et les villes
Ils
Je l’ai vu
Tête baissée
Désespéré son souffle
A peine effleurait la terre
Je l’ai vu essuyé
Une goutte de pluie
Peut-être… souvent
Une larme s’y noie
Je l’ai vu
Avec au cœur
Un mal
Je ne saurai rien
De ce que j’ai appris
A désapprendre les choses
Apprises mais jamais acquises
Jamais digérées, chassées, expulsées
Je ne saurai rien
Par manque de savoir
Au fond ce que
Regrets
Je viens de ces terres
Où la brume toujours
Sur la terre inonde
Etangs lacs et fossés
Mais cache aussi
Aux cieux hallucinés
Le mal d’amour des hommes
A présent nous
Il se fait tard
C’est déjà toi !
La sombre hirondelle
Blanche étincelle du soir
Au carreau de gel,
Tu frémis,
Sur la ville veille,
Hirondelle
Dans mon cœur transis
Brûle le
Mourir écorché vif
Dans la force de l’âge
Au hasard en public
Tomber sur le boulevard
Au fin fond d’une ruelle
Mourir écorché vif
Entre ciel et terre
A hauteur des avaloirs
C’est
Nous retrouver à fleur de vague
Ecumante des méditerranées
Couple unique sur le rivage
Séparé à jamais par l’insondable
Âme humaine
Folles espérances, désespoirs
Au chevet d’êtres humains
Au croisement des routes
C’est là qu’ils se tiennent
les cimetières
une parcelle de terre
entre chemin de fer
et voie express
C’est étrange
Quelle que soit la route empruntée
On s’y
Inutile de l’aimer
Toujours les eaux profondes
Vertes et glauques du bassin
Se font l’écho profond de sa tristesse
Au recoin
D’entre les murs
De la vieille synagogue
Au temple
Le fardeau de vivre
Toute une vie
Le boire le manger
Dormir travailler
Sans soucis que de porter
Au lendemain ce poids
Qui ronge les entrailles
Demain demain
Vivre encore
Vivre sa
Ici d’où l’on voit la mer
On voit aussi de tout côté
Les hommes
Courbés déjà au petit jour
Le visage grave
Ils vont, éternels condamnés
Ils n’ont de regard
Ni pour le ciel
Ni pour son
A toi comme une fleur
Si tendre
Jamais nul pleure
Que ta voix exaspère
Dans l’ombre ténue
De tes plus secrets arcanes
O ma douce
Ma très chère douce
Ton corps se meut
Comme l’écho
Vous faites peur peur
De tous ces mots
Que vous entretenez
Plongés dans les cabas percés
Les villes se meurent
Noyées dans la détresse des suicidés
Comment pardonner ?
La folie des ruelles