Poezie
Vers l\'autre rive
1 min lectură·
Mediu
Sous la voûte sylvestre,
mon sentier file droit devant,
mes pas se suivent,
feutrés par les aiguilles de pin.
Le gel a tu la source, pétrifié l\'étang,
la roue à aubes s\'est immobilisée:
pas un murmure, pas un craquement,
rien, sinon le silence endimanché
des natures mortes.
Lames de neige, une branche ploie,
le noroît forge ma couche.
Viens tout près, viens me retrouver
sur cet autel déguisé de duvet,
pose ta joue sur mon sein transi.
Ne sens-tu pas cette léthargie
qui n\'en finit plus de me gagner?
Déjà les ombres s\'allongent, s\'estompent,
déjà elles enserrent les dernières lueurs.
Bientôt l\'aigle viendra
et m\'emportera vers l\'autre rive,
là où le ciel est haut, très haut,
bien au-delà de ces bouleaux
qui tendent leurs bras séculaires.
La fête boréale tisonne mon vertige.
Cercle de lune, vortex de glace:
je ne résiste plus, je m\'ouvre,
je m\'abandonne tout entière
à cet engourdissement nuptial.
À l\'aube, je rejoindrai l\'arbre et la bête,
et mon souffle pourra enfin éclore.
013.032
0
