Une main crispée sur le vide
de Tahar Ben Jelloun(2008)
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Une main crispée sur le vide
a abandonné son corps pour être statue sous les décombres.
Elle ne tient rien
mais froisse le jour et son visage
éternelle sur un amas de terre blanche.
Elle regarde la mer et se souvient :
elle a caressé une épaule nue un soir dans un café de la montagne;
elle a tremblé puis s’est retirée pour se poser sur l’autre main.
À présent, le vent la recouvre d’une poussière venue de loin, peut-être du Yémen,
il dépose entre ses doigts un peu de sel
et quelques feuilles d’un arbre blessé.
(Tahar Ben Jelloun, Poésie complète, 1995, p. 432)
