Cri de l’été brûlant
de René Depestre(2009)
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Pour Alejandra
Tu es la vie, la lumière, le sel
Tu es l’eau, le vent, la tempête,
Tu es feu dévorant, fer rouge
Dans la blessure, chant d’oiseau,
Tu es feuillage, fruit, serpent, sucre,
Pluie sauvage sur la soif de l’homme,
Tu es le cri de l’été brûlant
Et doux silence de la neige.
Tu sais brûler, tu sais guérir,
Donner un ciel à l’exilé.
Le changer en pierre, en braise,
En plaie, en ortie, en musique,
En sanglot, en épée glorieuse
Sous ton grand soleil corporel.
Plus que le printemps tu es femme
Plus que le bonheur tu es femme
Plus que la beauté tu es femme
Plus que la faim, la fête, le jeu
Plus que le rêve, tu es femme
Plus que l’amour la vie la mort.
31 août 1961
(René Depestre, Journal d’un animal marin, 1964)
