H. G.
de Lou Andreas-Salomé(2008)
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Il me semble t’avoir attendu
depuis l’enfance
et mes pensées, dans cette muette attente,
respiraient le défi et la peine.
Tu es venu, et ton pas m’a captivée,
comme vous captive un rêve.
Je t’ai vu, et l’arme m’a doucement
échappé des mains.
Et lorsque ta voix m’a appelée
la peine et le défi s’en sont allés.
Je t’ai vu, et devant toi
ma nuque raide a plié.
Qui es-tu pour d’une telle puissance
unir mon cœur au tien?
Il me semble que plus d’une nuit
mes pleurs en rêve t’ont appelé.
Tu réveilles, je crois,
un écho du pays dans mon cœur,
Je jubile et tremble,
comme si j’avais contemplé Dieu.
(Stéphane Michaud, Lou Andreas-Salomé. L’alliée de la vie, Paris, Seuil, 2000))
