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Proză

L\'étranger

[Une mélancolie de l`Est]

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Mediu
Des pas dans la nuit. Une ombre. Juste un petit conseil. Et puis une demande. C\'est un étranger. Pas celui de Camus. Il s\'est suicidé. Hier. Vers l\'après-midi. Moi, je lis toujours. C\'est mon vieux Albert. Et son jeu des lumières. Je regarde devant moi. Il n\'y a rien. Que l\'ombre de mon pays. Et celle de ma sainte. Elle sourit. Comme une folle. Je tombe dans le rêve. Il y a des morts partout. J\'irai craché sur leurs tombes. Oui. Ben non. Elle me disait toujours des choses. Insignifiantes. Des bêtises. Et puis l\'amour. On a baisé toute la nuit. Oui. Elle suce ma bite quand même. Aujourd\'hui j\'ai dit non. Elle a dit pourquoi? Je n\'ai rien répondu. Je suis fichu. Je m\'envole. Oui, comme l\'avion pour Paris. Pour Roumanie. Pour la ville de mes pensées. Toujours il me revient des choses. Obscures. Des mots sans début. Ni fin. Aujourd\'hui j\'ai refusé de lui faire l\'amour. Je suis idiot. Elle est la plus belle femme de l\'Est. Maintenant je lis Camus. Mais pas l\'étranger. Il est de retour dans son pays natale. C\'est quelque chose qui commence avec une voyelle forte. La première. A. Il y a partout des a. Dans la vie. Dans les âmes des morts. Dans le ciel. Dans la bouche plein de fromage. Ou de pain noir. Ou de je ne sais pas quoi. À l\'est des pensées il y a une nuit qui commence par la musique funèbre. Par la chute des pommes. J\'ai mangé des pommes toute ma vie de bébé. Oui. Je ne mens pas du tout. Ma sainte elle ne savait rien. Elle est partie pour chercher son père dans les pays du sud. Je rêve. Comme d\'habitude je tombe dans la première merde de ce pays sans conscience. Mais c\'est quoi la conscience? Une fleur. Une utopie. Une fin. C\'est tout. Le rien. Je retrouve Maria dans le lit. Elle m\'attend. Chaque soir elle fait les mêmes choses. Simples. Banales. Elle crache sur la photo de quelqu\'un d\'autre. Elle rêve. Elle est maintenant entre la nuit et le jour. Sans rien dire elle prend sa douche. Elle est nue comme une vierge. Comme une lumière. Ou peut-être comme un destin. Des enfants. Des jeunes qui découvrent le premier amour. Elle est devenue folle. Moi aussi. On se regarde sans mouvements. Sans nous parler. Juste des regards. Des regards. Des regards. Et le rien. Personne ne sait jouer de la guitare. Personne. L\'étranger, cela me fait peur. Je me tais. C\'est tout pour l\'instant. Après je prends un verre. Du vin. De la bière. Je ne sais pas. C\'est de l\'eau-de-vie. Je regarde mon vieux arlequin. Il me regarde. Il ne dit rien. Juste des regards. Toujours il y a des regards. Dans la rue. À l\'école. Au sein de la famille. Dans le parc au mois de décembre. Toujours il y a des étrangers. Des chansons d\'exil. Et le reste. L\'appartement. La chambre. La femme aux yeux à la perle. Tout est vide. À l\'intérieur tous on est vides. Moi. Les parents. Les autres. Ben non. Maria est pleine. Comme une noix achetée. Elle est pleine comme la ficelle. Ou la corde. Elle est pleine comme une enceinte. Mais elle est encore jeune. Trop jeune pour avoir des bébés. Oui. C\'est juste une impression. Cela reste à voir. À manger. Des pommes. Des poires. À boire. Du café. Du lait. Et beaucoup d\'autres choses. Yaourt. Chocolat. Ou à regarder les révoltes. À l\'Est il y a toujours des maladies. Des étrangers qui se suicident. Pour la liberté des paroles. Moi, j\'aime bien ma sainte. Aux yeux noirs. Ou bleus. Ou verts. C\'est quoi un étranger? Elle demande des choses sans réponse. Toujours c\'est pareil. Mais je l\'aime encore parce que je lui fait l\'amour comme un fou. Toute la nuit en rentrant de la gare du nord. Mon âme est une longue mélancolie. Elle sait très bien que le statut de l\'étranger dépend des autres. Des ces chiens qui aboient à la lune. Qui mangent les os de nos ancêtres pour vivre dans les appartements sans lumières. Avec une lampe à pétrole. Parfois c\'est moi qui pose la question c\'est quoi un étranger? Elle répond que c\'est moi. Ce con qui aime ses chaussures. Ses mains. Ses joues. Ses seins. Son sexe. Ses lèvres. Sa bouche qui engloutit la sperme du monde communiste. Ou démocratique. Non. Je n\'accepte pas cela. Pas du tout. Il s\'agit de quelqu\'un d\'autre. C\'est possible. Aujourd\'hui c\'est la nuit sacrée des morts. Je regarde le cimetière du coin de la rue étroite. Je ne dis rien. Elle est loin. Elle suce un bonbon. Moi je souffre comme un idiot sur la tombe de je ne sais pas qui. Mais je souffre. Et cela me suffit. Il pleut dans la ville sans nom. Le pays est une image blanche d\'autrefois. Une image avec des arbres marrons. Des feuilles grises. Une images des gens habillés des pantalons rouges, des vestes jaunes et des chemises bleues. Le drapeau d\'une nation oubliée. Loin de mes souvenirs. Loin de la vie de merde de l\'ouest. Là il neige comme dans un caveau. Banal. Un seul mot : mauvais. Mélancolique. Tristesse. Mais il y a dans chaque souffrance des papillons. Un pour moi. Bleu. Un pour elle. Jaune. Un pour les renards. Rouges. Il y a du sang. Partout. Quelqu\'un est mort. Moi. Elle. Les autres. Des questions. Des demandes. Des causes. Des conséquences. La main sur mes épaules. Et puis le dialogue. Le sommeil. Jusqu\'à minuit. Et quelque secondes. Tic. Tac. Dans mon corps : la peau ne me supporte plus. Dans ma tête : le vent du nord. Dans mon sang : la mort. Le cancer. Les cigarettes. Les souvenirs. La mémoire. Et elle. Simple. Banale. Comme une moustique. Elle. Blonde. Aux yeux bleus. Des mains faibles. Des lèvres sans contour. À la fin c\'est moi. Seul. Sur une banque devant la mère. Noire. Dans mon pays. Le retour de l\'étranger. Hier. Vers minuit. Et quelque secondes...
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