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si je feuilletais le Deutéronome

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si je feuilletais le Deutéronome
les ongles noircis-jaunis
par la fumée épaisse du cigare
les mots s'effondreraient au Horeb
de la langue acérée de Moïse
les pieds d'Abraham, d'Isaac et de Jacob foulent le désert
des plaines inconnues du pays de Moab
au premier jour du onzième mois le temps
a verrouillé l'année impaire
de quarante maillons d'argent
les murmures ont éclairci les commandements
laissant les mots dévoiler le vice
de l'habitation sur la montagne
dans la vallée au sud
de la mer les rivages ont sculpté
des étoiles un nombre et le ciel
j'allume la radio publique et j'écoute ses tourments
comment ils se heurtent à la solitude
nous ne sommes pas seuls bien sûr
les tribus partagent des hommes en jeans
et des électriciens habiles et des charpentiers aux marteaux
en forme de faucilles et de jambiyas
je connais des chefs au front rugueux
je les vois chaque jour à la télé se quereller
avec les juges des affaires publiques
jugés comme des gouverneurs issus d'autres peuples
la sagesse est attribuée aux décadents
le plus jeune et le plus âgé des frères cherchent
à travers les jumelles la raison trop lourde
essayant de l'apercevoir avant l'étranger
on ne meurt pas avant l'heure
le sommeil n'effraie pas la chouette
dans le creux de l'arbre où Ève a défait
les perles de ses parents, leurs fantasmes
projetés dans des chambres hyperbares
le désert terrible, les histoires des Amorites le décrivent
des mondes tortueux de nomades se rassemblent
en cercles concentriques
en chaînes de plomb
et les balles frappent avec douceur
chaque tour, chaque citadelle
on dit que la reconstruction des bâtiments
est un revêtement de pierres
venues des eaux de l'Euphrate
des visages ensanglantés, peints
par les mains entrelacées de la lumière
se transportent des céramiques vers des vases d'expansion
en Égypte la voix des mots s'emporte
dans les mégaphones, sur les routes, en vain
la route que nous devons emprunter
est une autoroute à sens unique
on ne suit pas la voie ferrée vers le soleil
on ne part pas dans le désert sans nommer
les fils rebelles de la mauvaise lignée
à la radio on lit l'histoire du mont Séïr
sur lequel elles sont sorties en tumulte
les abeilles oublieuses, suivant la piste vers Horma
devant nous la mer Rouge n'est qu'une traînée
autour des yeux, à travers la lentille, on entrevoit
douze hommes de la tribu d'Anak
la fumée épaisse du cigare se recouvre
d'une brume d'aquarelle de Hesbon.
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hamat petru sebastian. “si je feuilletais le Deutéronome.” Atelier, Poezie.ro, https://poezie.ro/atelier/hamat-petru-sebastian/poezie/14206617/si-je-feuilletais-le-deuteronome

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