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Les villes provisoires

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Les villes provisoires
Voici encore des chantiers, on démonte le meccano des grues, du faîte jusqu’au pied. La ville neuve est prête et bourrée d’alvéoles de nuits et de matins vomissant l’avenir.
La maison était faite d’une colline de carte postale, d’eau souterraine et de gestes très anciens, puisés dans le temps. Le regard des chiens presse les troupeaux plus vite que le feu, juste avant le point de rupture, l’éparpillement des éclats.
Avant la ville il y avait ondulations, sédiments et nasses, abandon. L’architecture d’un non lieu. Puis la verticalité sans nom, comment tomber dans les hauteurs du vide sans issue, n’en rien dire.
Tous ces gens qui passaient refusant de passer, à qui l’on disait « Allez passez ! Passez avec vos révoltes stériles, vos mains vides, vous ne comprenez rien. » Et qui pourtant savaient.
« Lorsque le provisoire dure le temps de la vie d’un homme, il est pour cet homme le définitif... »
(Albert Camus)
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felipe, Da Islanera. “Les villes provisoires.” Atelier, Poezie.ro, https://poezie.ro/atelier/felipe-da-islanera/poezie/206189/les-villes-provisoires

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