Poezie
BONIFACIO
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Mediu
Bonifacio
Dévorées par la mer
Assaillies par les hommes
Tourmentées par le vent
En multiples assauts
Ses falaises de craie
Etraves de bateaux
Cinglent au long des jours
Vers le sud de la Corse
Aux cris désespérés
Des mouettes du temps !
La mer s’en va berçant
Le voilier passager
Aux lueurs du couchant
L’heure est à la douceur :
On la voit si paisible !
Mais ses flots enragés
Ont brisé sur l’îlot
Les crânes des marins
Rejetés par les flots
En ce funeste jour
Où, sans trouver d’abri,
La belle Sémillante
Aux Lavezzi périt !
Aux cris désespérés
Des mouettes du temps,
Près de Bonifacio
La blanche citadelle,
Un vertige nous prend,
Quand s’élèvent soudain,
Apportées par le vent,
Les plaintes des mourants
Au cœur de la tempête…
MARCEK
Naufrage de la sémillante
Le 14 février 1855, la frégate \"La Sémillante\" avait quitté Toulon avec 773 hommes à bord pour le front de Crimée où le siège de Sébastopol réclamait de constants renforts. Le 15, alors que la tempête faisait rage et qu\'un brouillard empêchait toute visibilité, le navire s\'engagea dans les bouches de Bonifacio.
Il s\'écrasa sur les îlots rocheux. Aucun des marins et soldats ne survécut : la plupart sont enterrés sur l\'île Lavezzi. Tous les ans, à leur intention, une messe est célébrée dans l’île des Lavezzi pour le souvenir et pour la transmission de la mémoire, puis Lavezzi, sans cesse balayée par les vents, retrouve sa solitude.
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