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Camille Claudel

(terza rima)

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Vous en souvenez-vous, quand la première fois,
Tremblant de tout mon être et de toutes les fièvres,
J’entrais à votre cours, le cœur serré d’émoi ?
Le désir fulgurant se pressait sur nos lèvres
Et les mots contenus dans un discours badin,
Les chairs que nous sculptions au dégoût de ces mièvres ;
Le Tout-Paris pincé, dans son esprit mondain,
Vous en souvenez-vous, nous faisait beaucoup rire ?
Et puis, entre vos doigts, mon cher Maître Rodin,
Mon corps altier et fier, dans la nuit qui soupire,
S’alanguissait soudain, meurtri de sa douleur ;
Jusqu’à la folle étreinte où portait le délire,
Où je n’étais plus moi, sous le joug modeleur
De votre corps et moi, pétris comme les glaises.
Mon âme s’envolait rencontrer votre ampleur
Au-delà de nos mers, leurs abruptes falaises…
Charleroi, dimanche 17 août 2003.
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Cécile VERHAEVER. “Camille Claudel.” Atelier, Poezie.ro, https://poezie.ro/atelier/cecile-verhaever/poezie/96332/camille-claudel

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